Quand rien ne va… La créativité pour se sortir de la m………   

Suite de l’article : 3 décès et 2 déménagements.

Le soir du 23 juin, lorsque j’ai découvert que des 747 passaient aux 3 minutes au-dessus de mon mignon appartement de Villeray, j’ai littéralement capoté. Je me suis mise à faire des recherches sur internet pour découvrir qu’un recours collectif était même fait par les citoyens de Villeray et de Ville St-Laurent. Le groupe s’appelle Les pollués de Montréal-Trudeau. Quel nom sympathique ! Je sais que la plupart des gens finissent par s’habituer. Mais moi, je ne voulais pas m’habituer.

Le lendemain, j’en ai parlé avec ma fille. Sa déception était immense. La mienne aussi. Je me sentais comme dans un jeu de serpents et échelles…. Moi qui avait réussi à maintenir le cap du 28 mai jusque-là, je venais de pogner un gros serpent…. Et je me voyais retourner à la case départ….

Quelques jours plus tard, après 2 nuits d’insomnie et d’angoisse, voyant que je n’arrivais pas à me faire à l’idée de cohabiter avec ces gros avions si près de mon plafond, j’ai médité et j’ai beaucoup écrit. J’ai «brainstormé». J’ai fait appel à ma créativité. J’ai sorti toutes les idées en vrac. Je pourrais entreposer mes meubles, retourner vivre en Estrie, passer l’été à ma roulotte, aller vivre quelques mois chez mon amie Brigitte, me mettre des bouchons dans les oreilles en permanence, écouter de la musique classique pour me détendre (à tue-tête pour ne pas entendre les avions), et finalement….

J’ai eu l’idée de défaire le minimum de boîtes et de faire un genre de «home staging» de mon appartement afin de pouvoir l’échanger contre un appartement plus petit. (Un échange d’appartement permanent que les montréalais appellent un SWAP) Après tout, nous étions 1 et 1 /4 personne pour la prochaine année et nous n’avions pas besoin d’un 6 ½. Puis, nous serions 2 en juillet….

J’avais découvert pour la première fois de ma vie le mot SWAP lorsqu’en février j’avais entamé mes recherches pour un appart montréalais.  Il y a tellement PEU d’appartements de libres à Montréal que les gens qui en ont un ne veulent pas le laisser aller tant qu’ils n’ont pas trouvé quelque chose qui correspond à leurs nouveaux besoins : plus petit, plus grand, dans un autre quartier etc. Ainsi,  plusieurs beaux appartements à prix abordable sont offerts en swap. Et les montréalais qui ont la chance d’avoir une perle se les échangent entre eux. C’est comme un club sélect. Ou comme si on jouait à la chaise musicale… mais quand la musique s’arrête, on est 452 à vouloir sauter sur la chaise, euh l’appartement…

Alors le 1erjuillet, après avoir organisé et décoré au minimum mon appart avec des rideaux et des plantes, j’ai fait des photos et une annonce sur Kijiji pour mon «swap» ! Mon morale remontait. J’étais en action. Je sentais que j’avançais vers le genre de lieu qui me convient mieux.

Chance ou malchance…

Après mon annonce, s’en est suivi une série de messages sur Kijiji. Beaucoup d’offres aux quatres coins de Montréal, puis, l’appel de Kelly qui voulait échanger mon appart contre le sien dans Petite Patrie. Il était parfait mais comme elle habite avec sa sœur et son frère, une des chambres était trop petite. Puis, quelques semaines plus tard, j’ai écrit à Sergio et je lui ai proposé un swap contre son minuscule appart de Petite Patrie.

Pour faire une histoire courte…. à la mi-septembre, Sergio prendra mon appart, je prendrai l’appart de Kelly qui a trouvé autre chose entre temps, et l’amie de Sergio prendra son appart.

Ouf. Compliqué mais en bout de ligne on a tous réussi à s’asseoir quand la musque s’est arrêté…. Euh, nous quatre, mais malheureusement pas les 448 qui voulaient mon appart, celui de Kelly ou celui de Sergio.

Morale de l’histoire.

Quand rien ne va, ce n’est pas la force qui nous aide à bien vivre une épreuve. C’est la créativité, la flexibilité, l’écoute de nos intuitions, l’action, la confiance en l’avenir et l’étendu de notre réseau. Ici, c’est Kijiji qui m’a permis d’entrer en contact avec Kelly et Sergio. Mais parfois, ce sont nos amis, Facebook ou le petit babillard du Marché. L’important est de savoir ce que l’on veut, d’en parler, de garder le focus et d’être en action.

Alors, SVP, ne me dites plus :  Tu es forte….

PS. La magnifique oeuvre dans mon salon est de Nicole Dumoulin.

Les prochains thèmes….
– Sortir sa Germaine
– Pleurer, enfin, et commencer à vivre son deuil.
– L’art de fuir sa vie… et regarder Les squelettes dans le placard…
– Oser demander de l’aide à ses amis.

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